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Vendre sa maison en cas de divorce : 6 étapes

Vendre sa maison en cas de divorce : la réponse courte Oui, un couple qui se sépare peut vendre sa maison avant même le jugement de divorce. Mais tant que le mariage dure, il faut le consentement exprès de votre conjoint pour vendre le logement familial, même si vous êtes seul inscrit au registre foncier (art. 169 du Code civil). En cas de refus sans motif légitime, seul le juge peut trancher. La vente réussie tient ensuite à l’ordre des décisions. Voici les six étapes que nous recommandons, de la vérification du titre de propriété à la signature chez le notaire. Étape 1 : vérifier qui possède quoi Commencez par l’extrait du registre foncier : propriété individuelle, copropriété ou propriété commune. Il dit qui doit signer, pas forcément qui recevra l’argent. Ce partage dépend de votre régime matrimonial et de l’origine des fonds. Deux règles pèsent souvent sur la négociation : • en copropriété, un époux peut demander que le bien lui soit attribué entièrement s’il justifie d’un intérêt prépondérant, à charge de désintéresser l’autre (art. 205 CC) ; • l’époux qui a contribué sans contrepartie à l’achat ou à la rénovation d’un bien de son conjoint détient une créance proportionnelle à sa contribution, calculée sur la valeur actuelle du bien (art. 206 CC). Étape 2 : choisir entre vendre, racheter ou rester Trois voies existent, et elles n’ont pas le même coût : 1. Vendre à un tiers : la solution la plus nette, qui libère les deux époux si le prêt est remboursé. 2. Racheter la part de l’autre : possible si celui qui reste peut porter seul l’hypothèque aux yeux de la banque. 3. Différer : le juge peut attribuer à un époux un droit d’habitation de durée limitée sur le logement de la famille qui appartient à l’autre, moyennant une indemnité équitable ou une déduction de la contribution d’entretien, notamment lorsque la présence d’enfants le justifie (art. 121 CC). Pendant la séparation, le juge peut aussi prendre des mesures sur le logement (art. 176 CC) et restreindre le pouvoir d’un époux de disposer de certains biens (art. 178 CC). Étape 3 : faire estimer le bien par un tiers Avant de discuter de chiffres, obtenez une valeur que personne ne pourra attribuer à l’autre camp. C’est souvent ce qui débloque un rachat ou fixe un prix de mise en vente accepté par les deux. Notre estimation en ligne gratuite donne un premier ordre de grandeur ; pour un partage, nous recommandons une estimation sur place, documentée.

Vendre sa maison en cas de divorce : 6 étapes
Vendre sa maison en cas de divorce : 6 étapes

Étape 4 : parler à la banque tôt La convention de divorce règle vos rapports entre époux, pas ceux avec le prêteur. Si vous avez signé le prêt comme débiteurs solidaires, la banque peut réclamer le tout à l’un ou à l’autre, et vous restez tous deux obligés jusqu’à l’extinction de la dette (art. 144 du Code des obligations). Trois questions à poser à votre conseiller : • À quelle date le prêt à taux fixe arrive-t-il à échéance, et quelle indemnité s’applique en cas de sortie anticipée ? • Si l’un rachète, la banque accepte-t-elle de libérer l’autre ? • Qui paie les intérêts et l’amortissement jusqu’à la vente ? Étape 5 : calculer ce qu’il restera vraiment Exemple entièrement fictif : une villa à Nyon vendue CHF 1’650’000. • Remboursement de l’hypothèque : CHF 800’000 • Remboursement du 2e pilier utilisé à l’achat : CHF 120’000 • Impôt sur le gain immobilier (montant supposé) : CHF 35’000 • Courtage et frais de vente (montant supposé) : CHF 40’000 • Reste à partager : CHF 655’000 Le remboursement n’a rien de facultatif : l’assuré doit rembourser le versement anticipé lorsque le logement est vendu, dans la limite du produit de la vente (art. 30d LPP). S’il compte réinvestir dans un logement dans les deux ans, il peut transférer ce montant à une institution de libre passage. Ces CHF 120’000 n’entrent donc pas dans le prix à se répartir. Ils ne sont pas perdus pour le couple : les prestations de sortie acquises pendant le mariage, versements anticipés compris, se partagent en principe par moitié (art. 122 et 123 CC). Étape 6 : anticiper l’impôt, puis signer La vente à un tiers déclenche l’impôt cantonal sur le gain immobilier selon les règles habituelles. En cas de rachat par un époux, l’imposition peut être différée si le transfert a lieu en rapport avec le régime matrimonial ou des prétentions du droit du divorce et si les deux époux sont d’accord (art. 12, al. 3, let. b, de la loi sur l’harmonisation des impôts directs, LHID). Attention : différé ne veut pas dire effacé. Celui qui garde la maison conserve une charge fiscale latente pour le jour où il revendra, un montant à intégrer dans le prix de rachat. La vente elle-même exige un acte authentique (art. 216 CO), signé devant notaire. Notre lecture chez Palmer Un divorce n’oblige pas à brader. Le vrai risque, à nos yeux, est une mise en vente sans stratégie commune : prix contesté, visites refusées, instructions contradictoires, autant de signaux qu’un acheteur repère. Mettez-vous d’accord par écrit, avant la mise en vente, sur le prix plancher, la répartition des frais et la personne qui décide des offres. Avocat et notaire restent indispensables pour le partage ; notre rôle porte sur la valeur et sur la vente. Sources : Code civil suisse (art. 121 à 123, 169, 176, 178, 205, 206), Code des obligations (art. 144, 216), LPP (art. 30d) et LHID (art. 12), versions lues sur Fedlex le 2 novembre 2026.

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